Relative Emotional Behaviour Therapy - Albert Ellis

Relative Emotional Behaviour Therapy - Albert Ellis

Rédigé le 04/10/2020
Sixtine Moullé-Berteaux

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Un grand parmi les plus grands psychologue de son temps 

Un article de Paulin Mainot.


Née au Etats-Unis à l’aube de la Seconde Guerre mondiale et encore aujourd’hui peu connu aux yeux du grand public, Albert Ellis fut le fondateur de la Relative Emotional Behaviour Therapy (REBT), que l’on pourrait traduire en français par : Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC). 

Tout d’abord étudiant en médecine, le jeune homme va rapidement s’intéresser à la psychanalyse après l’obtention de son doctorat. Voie qu’il finira par quitter quelques années plus tard pour s’affirmer thérapeute rationnel en s’inspirant des philosophes de l’antiquité. Une nouvelle forme de thérapie est née…

“Selon moi la psychanalyse sert d’échappatoire aux patients. Elle leur évite de changer d’attitude ou de philosophie. Elle consiste juste à parleur d’eux mêmes pendant dix ans, en abreuvant ses parents de reproches et en attendant les remèdes miracles”

Chaque jours, ce sont entre 60 milles et 80 milles pensées qui nous traversent l’esprit et chacune d’entre elle permet d’analyser ou de justifier une pensée de départ. Notre façon de penser va jouer un rôle essentiel dans notre quotidien, c’est elle qui va déterminer notre niveau de bonheur. Avez-vous tendance à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide? Tout est une question de perspective, mais au final, c’est vous qui êtes aux commandes.  



Dans la vision d’Ellis, ce sont nos pensées et nos croyances qui causent nos problèmes psychologiques. Notre souffrance morale provient d’une conception irrationnelle des circonstances qui nous amène à voir sans cesse le mauvais coté des choses et donc à déformer la réalité. Pour lui, notre comportement irrationnel a un lien direct avec notre dialogue intérieur.

Chaque pensée entraîne une émotion: pensées et sentiments sont indissociables. Essayez d’éprouver de la joie sans penser à quelque chose qui vous rend heureux ou de ressentir de la tristesse sans penser à quelque chose qui vous rend triste, c’est tout simplement impossible. 

Pourtant, ont considère généralement que les sentiments que l’on éprouve et que les effets qui en découlent sur notre état mental ou physique sont directement lié à un fait ou un événement, mais pourtant c’est bien notre réaction, s’exprimant sous la forme d’une pensée qui engendrent ces sentiments. 

“Ce ne sont pas les choses qui nous perturbent, mais l’idée que nous nous en faisons” - Epictète



Ellis définit cela dans ce qu’il appelle le modèle ABC:

A représentant l’événement ou la circonstance; 

B représentant nos croyances ou idées que l’on se fait de A;

C représentant les conséquences. 

Presque systématiquement, on mettra C sur le compte de A, alors que pour les praticiens de la REBT, c’est B qui entraine C. Une chose est sûre, on ne peut décider du contenu de nos pensées, celle-ci viennent et repartent en fonctions des informations recueillies par nos sens. En revanche c’est bien nous qui choisissons l’importance que l’on accorde à nos pensées: une pensée n’a le pouvoir de nous nuire que si on lui en donne le pouvoir. 

Imaginons le scénarios suivant: Marie rêve d’obtenir un rôle au cinéma et de pouvoir vivre de sa passion. Cela fait quelques années qu’elle est comédienne dans un petit théâtre de la banlieue parisienne à coté de son travail de secrétaire. Un jour en arrivant à l’une de ses répétitions, une grande affiche placardée sur la porte d’entrée signale qu’une grande chaine de production est à la recherche d’une comédienne pour jouer dans leur prochain film. Les casting sont ouvert tous les vendredis jusqu’à la fin du mois et le réalisateur y sera présent en personne. Quel chance! Marie compte bien saisir cette opportunité et impressionner les jurys. Les jours passent et le stress montant, Marie se sent de moins en moins confiante. Le jour j, c’est à peine si elle tient sur ses deux jambes et au moment de passer sur scène, c’est le crack, Marie perd ses moyens et livre une prestation plus que médiocre, elle ne décrochera pas le rôle. Après cette expérience humiliante, Marie se dit que c’était certainement l’une des idées les plus absurdes qu’elle aie eu et qu’au final elle n’est pas si mal derrière son bureau au chaud à accueillir la clientèle. Doutant alors de ses capacités et ne se sentent pas à la hauteur, elle préfère abandonner son rêve et arrête de monter sur scène. 

De cet exemple, on peut en tirer deux conclusion; la première étant que la raison qui a pousser Marie à mettre un terme à sa carrière de comédienne n’est en aucun cas l’événement en lui même mais les pensées qui en on découlé. En effet, c’est en adoptant un mode de pensée négatif que Marie s’est convaincue qu’elle n’était qu’une bonne à rien. Certainement que si Marie avait su relativiser en prenant en compte que c’était son premier casting et que tout le monde à le droit de se planter, surtout sous l’effet du stress! Elle en aurait tiré une leçon tout à fait différente lui permettant de redoubler d’efforts et d’être mieux préparée la prochaine fois qu’une occasion se présente; la seconde portant sur le fait qu’il y a deux moyens de regarder ses erreurs et ses ratés, sois en regardant ses erreurs d’un oeil critique ou sois en regardant soi-même d’un oeil critique. Dans notre exemple Marie a porté son jugement sur elle-même en tant que personne, ce qui a engendré des sentiments négatifs. Un tel état d’esprit ne peut être sain , il dissuade d’adopter un mode de pensée plus positif et plus lucide, les gens se perçoivent alors comme des ratés et n’ose plus prendre de risque. 



Dans son approche, Albert Ellis ne cherche en aucun cas à nous débarrasser de toute négativité, en effet, une émotion négative à parfois besoin d’être vécu en pleine conscience, comme dans le cas d’un deuil par exemple. Il serait absurde d’inviter une personne à rester positive et de lui rabâcher de voir le bon coté des choses si celle-ci vient de perdre un être cher. De plus, les émotions négatives nous permettent de pouvoir nous remettre en question, de pouvoir tirer des leçons de nos erreurs et donc de progresser. Pour Ellis, le problème est l’excès de négativité qui a une tendance à nous emmener vers une spirale négative toute aussi destructrice d’interminable. 

Voila pourquoi il est important de regarder ses erreurs d’un oeil critique et d’accepter le fait que vous n’ayez pas été à la hauteur à un moment donné. 

A travers ses écrits, le psychologue américain évoque plusieurs croyances irrationnelles dont trois grandes croyances qui nous empêchent d’être heureux et nous gâchent la vie, il les appelaient “The Three Musts of Irrational Thinking”:

“Je dois tout faire bien et je dois mériter l’approbation des autres. Sinon, je serais dans l’échec."

“Les gens doivent me traiter comme je souhaite l’être, avec respect et gentillesse. S’ils ne le font pas, c’est qu’ils sont méchants et qu’ils méritent d’être punis.”

“Je dois obtenir ce que je veux, quand je veux et je ne dois pas recevoir ce que je ne veux pas. Quand j’obtiens pas ce que je veux, je ne le supporte pas.”

Etre perfectionniste n’est pas toujours une bonne chose. En poussant le visse trop loin on risque de se heurter à une réalité bien pesante: la perfection n’existe pas. Vouloir tout bien faire est aussi absurde qu’impossible, tout d’abord parce c’est dans l’échec que l’on apprend le plus et ensuite car en mettant la barre trop haute, nous nous condamnons à courir sans cesse après nos désirs insatisfaits. Et parfois même, cela nous pousse à abandonner des rêves, comme Marie et son rêve hollywoodien. De plus, s’il y a bien une chose que l’on ne peut contrôler, c’est l’autre.  Jean-Paul Sartre nous le rappelle d’ailleurs bien : “L’enfer, c’est les autres”. En adoptant ce mode pensée déformé nous nous engouffrons dans la haine et la colère,  et aussi satisfaisante qu’elle puisse paraitre au premier abord, la haine et la colère finissent tôt ou tard par nous rendre malheureux. En effet, contrairement aux autres émotions négatives, la haine et la colère sont des émotions que l’on ne veut parfois pas laisser s’envoler, il nous semble comme trop injuste que “l’autre s’en sorte comme ça”.  Résultat, cette colère nous fait à la fois du bien, en persistant à reprocher à autrui ses erreurs et ses méfaits mais en se comportant comme un prédateur qui ne veut pas lâcher sa proie, on ne lâche jamais vraiment l’affaire, on ne règle pas le problème et on ne peut pas tourner la page. La spirale négative l’emporte toujours.



Contrairement aux thérapie plus traditionnelles, Albert Ellis cherche à aider le patient en changer sa façon de penser dans l’ici et le maintenant, plutôt qu’à comprendre le passé. Il préconise un traitement de courte durée au cours duquel il apporte différentes clés afin que nous puissions régler nos problèmes par nous même. En partant du principe que personne ne se connait mieux que soit même, nul besoin d’entrer dans l’intimité des gens: un praticiens de la REBT pourra aider quiconque sans même connaître les prénoms de ses patients. Tout cela en expliquant des mécanismes physiologique et psychologique simple et commun à tous permettant de comprendre que nous avons en nous toutes les solutions pour régler nos problèmes. En amenant cette toute nouvelle vision des choses et en aidant des milliers de personnes à en finir avec la spirale négative, cause de bien des malheurs , Albert Ellis s’installe comme étant l’une des figures les plus marquantes du XXe siècle dans le domaine de la psychologie. 

Sources:

Mind Power-James Borg

A Guide to Rational Living- Albert Ellis


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