Le Parrain (ou les parrains ?) de Francis Ford Coppola.

Le Parrain (ou les parrains ?) de Francis Ford Coppola.

Rédigé le 11/09/2020


Article écrit par Marie-Anne Peyrat.


1972. Sortie d’un des plus grands films du cinéma mondial : Le Parrain. Un budget de 6 millions de  dollars et une rentabilité s’élevant à près de 136 millions de dollars. La trilogie s’étend sur 20 ans avec les mêmes acteurs et de nouvelles têtes qui semblent avoir toujours fait partie de la famille Corleone. 



Adaptation du roman éponyme de Mario Puzzo, Le Parrain donne au genre des films de gangster ses lettres d’or. 1945, Les Corleone sont établis à New-York autour du leader central : Vitto Corleone incarné par Marlon Brando. Famille de mafieux certes mais famille avant tout. Toute la structure de leur « entreprise » repose sur les liens de la fratrie qui unissent ses membres et qui leur imposent servitude, obéissance et pouvoir. 

 



Il s’agit à chaque fois d’une histoire de trahison, de tentative d’assassinat, de nouveaux deals à conclure, le tout avec l’intervention, ou l’interférence selon le point de vue, de femmes du clan Corleone.

La trame du Parrain, tous films confondus, ne repose pas tant sur la rentabilité de leur business que sur le pouvoir que les Corleone cherche à accroître et pérenniser. Car qui dit pouvoir dit respect et il semble que ce soit bien le respect et l’honneur qui soient la pierre triangulaire de la trilogie.  

Michael Corleone (le grand Al Pacino) fascine. Il ne supporte aucune trahison ou position alambiquée et sait mettre un terme de manière toujours radicale aux situations qui l’inconfortent, souvent par le meurtre (même d’un frère) ou l’exil (comme pour sa femme coupable de ne pas avoir voulu lui donner un dernier fils). Dès le début on ne peut être que captivé par ce personnage a priori simple, pas (encore) embarqué dans les combines de sa famille et qui semble vouloir mener une vie normale. Mais il est rapidement rattrapé par sa vraie nature : un chef, le leader d’une meute (sa famille) qui a désespérément besoin de lui. 



À la première figure tutélaire du Parrain (alias Vito Corleone alias Marlon Brando) succède rapidement celle de son fils, Michael Corleone, qui revêt son costume à la perfection. Cette transition se fait de manière évidente. La tentative de meurtre de Vito Corleone le rend faible et pathétique, ce qui rompt radicalement avec nos projections initiales d’un baron de la mafia invincible, image suggérée au début du premier film lors du mariage/ entrevue d’affaires de sa fille. Finalement le grand Vito Corleone tombe dans l’oubli au profit de son fils Michael et il ne reste de lui que le souvenir d’un homme puissant déchu de sa majesté après sa tentative d’assassinat. Pour preuve son personnage ne réapparaît dans le deuxième opus que sous les traits d’un Vito Corleone jeune, malin, au début de son règne.



Le Parrain c’est donc Vito mais c’est surtout Michael, puis ça sera Vincent. Cette dernière passe d’armes entre Michael et son neveu Vincent Mancini-Corleone se fait simplement, comme une évidence, à la minute où la fille du Parrain et grand amour de Vincent meurt, victime collatérale du business des Corleone.



Jusqu’au bout le Parrain nous touche autant qu’il nous divertit. La mort de sa fille, Mary Corleone, c’est l’événement décisif qui accélère sa fin. Mourir ou vivre peu importe, tout l’attrait de l’affaire familiale qu’il a fait grandir, pérenniser, ses ambitions, ses envies tout s’effondre. Les deux dernières scènes de la trilogie sont ainsi la mort de Mary et des années plus tard celle de son père, avec simplement en fond sonore la bande son originale du Parrain (https://www.youtube.com/watch?v=1aV9X2d-f5g). On suppose que Vincent a pris la relève, encore une fois peu importe, cette fin suggère que la mort de Michael signe la fin du Parrain et de la trilogie, comme si la seule forme aboutie du parrain n’avait été finalement que Michael Corleone. 




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