Panique à Needle Park, un film de Jerry Schatzberg, 1971

Panique à Needle Park, un film de Jerry Schatzberg, 1971

Rédigé le 15/07/2020


Article écrit par Marie-Anne Peyrat.


Panique à Needle Park, réalisé en 1971 par Jerry Schatzberg, retrace la rencontre et la vie en commun de Bobby incarné par Al Pacino et de Helen interprétée par Kitty Winn, rôle pour lequel elle recevra le prix d’interprétation féminine du Festival de Cannes.

Loin de l’image euphorique de la consommation de drogue dure, le film est cru et sans artifice. Après un avortement compliqué Helen rencontre au bon moment Bobby, un héroïname de Needle Park qui passe son temps à trouver des stratagèmes pour financer sa dose quotidienne. Helen d’abord spectatrice de cette descente aux enfers décide d’y entrer et finit elle aussi à être en quête de sa dose.



Al Pacino interprète Bobby avec justesse et énergie, personnage attachant et désespérant qui entraîne Helen dans l’engrenage qu’est sa vie à Needle Park mais qui ne supporte pas qu’elle use du seul moyen à sa portée pour les financer tous les deux : la prostitution.

Les deux sont unis mais n’ont de cesse de se déchirer face à leur perspective d’avenir respective. Le film peut paraître à premier abord s’étirer en longueur mais rapidement le spectateur comprend que chaque scène est un élément essentiel au puzzle qu’essaye de résoudre le film : quelle issue à cette vie perdue dans la toxicomanie qui consiste à vivre au jour le jour ? 

A l’affiche c’est Al Pacino qui nous incite à visionner le film mais c’est véritablement Helen le personnage clé de l’histoire. Leur histoire d’amour n’est pas très bien expliquée dans la première moitié du film et semble être un simple support mais c’est finalement cette dernière qui donne au fur et à mesure tout son corps au film.



Le réalisateur fait clairement un choix dans la sélection des scènes. Alors que la prostitution n’est jamais visible, toujours suggérée, tout le processus de l’injection de la drogue est filmé tout du long, en gros plan, dans leur veine et nous retourne l’estomac. Ce procédé explicite le noyau du film : l’addiction à la drogue dure ne peut que transformer sa vie en une existence d’autodestruction où même la prostitution n’apparaît finalement plus comme un comportement déviant. La prostitution n’a pas besoin d’être montrée car c’est son objectif qui compte (réunir suffisamment d’argent pour la journée et payer sa dose), de même que l’histoire d’amour entre Kitty et Bobby avec laquelle le réalisateur ne perd pas de temps pour la romancer ou même l’expliquer un minimum, relation qui n’a aboutit qu’à faire de Kitty une héroïnomane.

Ce film c’est 1h30 d’illustration de deux vies (unies) qui voguent dans la même direction (la mort).

À voir absolument.


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