L’open source partie 2 : les mécanismes

L’open source partie 2 : les mécanismes

Rédigé le 28/05/2020



Dans la première partie de cet article, nous avons discuté de ce qu'est l'open source et cité plusieurs exemples de projets réussis et d'entreprises basées sur l'open source. Nous allons maintenant examiner les mécanismes qui font de l'open source un mouvement si fort - préparez-vous car beaucoup d'entre eux vont être contre-intuitifs.

L'idée clé de l'open source est la collaboration entre pairs. Cela signifie que des personnes qui ne se connaissent pas et qui peut-être ne se rencontreront jamais, (1) partagent un intérêt ou une passion pour résoudre un problème difficile et (2) veulent partager la solution avec le monde, sans espérer être rémunérés. De plus, ces collaborateurs utilisent des licenses et des mécanismes juridiques qui maintiennent la solution ouverte et accessible à tout le monde.

La genèse d'un projet open source implique une définition suffisamment claire d'un problème pour pouvoir motiver de nombreuses personnes à travers le monde à s'impliquer, à innover ensemble et à développer des solutions. Ces collaborateurs forment une «communauté», et il y a normalement un ou plusieurs leaders qui facilitent la communication, canalisent l’enthousiasme et la passion des membres, et prioritisent les initiatives. Ils sont fréquemment les porte-paroles du projet.

La communauté utilise largement les réseaux sociaux pour permettre la collaboration entre ses membres et accueillir de nouveaux collaborateurs. La propriété intellectuelle est également partagée par le biais de plateformes sur internet, dont la plus connue est Github (acquise par Microsoft en 2018 pour $8mds). Github et ses concurrents comme Gitlab et Bitbucket donnent aux jeunes adultes la possibilité de se joindre à des projets et d'apprendre directement des plus grands spécialistes et les meilleurs esprits du monde.

La communauté autour d’un projet fonctionne normalement comme une méritocratie. Les contributions peuvent être simples, comme répondre à une question d’un novice, ou très complexes comme développer une grande composante d'une solution. Les membres reconnaissent la contribution des autres membres par le biais d'indicateurs tels que «stars» ou «upvotes».

Les membres de la communauté travaillent souvent très dur dans leur propre temps. Ils peuvent avoir des emplois à temps plein et de petites familles, et encore passer quelques heures libres dans un projet open source comme moyen de développer leur carrière. Mais au-delà du développement professionnel, les membres de la communauté reçoivent beaucoup de satisfaction personnelle lorsque leur travail est remarqué et reconnu par les autres membres. Ces “moments d’ocytocine” peuvent devenir presque addictifs! 

La monétisation des projets open source donne naissance à des modèles économiques innovants. Les entrepreneurs utilisent un modèle «fremium» où la propriété intellectuelle de base est ouverte, et une entreprise est créée pour offrir des services autour d'elle - tels que la formation, l'installation et le support, ou une offre complète et opérationnelle «as a service». Notez que le fait que le projet soit ouvert ne signifie pas que chaque entreprise dispose de ressources et de compétences pour comprendre son fonctionnement interne ou le rendre opérationnel avec succès, et c'est ainsi que les entreprises open source créent un espace adjoint pour une offre de valeur ajoutée au projet.

Comme mentionné dans la première partie, c'est dans les logiciels où l'open source a connu la croissance la plus rapide, mais tout domaine qui génère de la propriété intellectuelle est susceptible d'utiliser l'open source. Nous voyons déjà des exemples dans la fabrication, la médecine et l'architecture, et il n'y a aucune raison pour qu'elle ne puisse pas être appliquée à des domaines plus abstraits comme la finance, le droit et même le gouvernement. L'open source en est encore à ses balbutiements et deviendra un catalyseur majeur du progrès au XXIe siècle.

Voir la première partie de cet article.


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