L’open source partie 1 : principes & exemples

L’open source partie 1 : principes & exemples

Rédigé le 20/05/2020


De Carlos Escapa.


Open source a maintenant 30 ans, et après deux premières décennies de progrès incohérents, au cours des 10 dernières années nous avons vu un essor redoutable. Open source est aujourd'hui un mouvement mûr et bien établi qui a non seulement permis l'innovation, la collaboration et la réussite commerciale à échelle globale, mais offre également un espace de croissance personnelle et professionnelle pour les jeunes adultes. Dans cet essai en deux parties, nous examinerons d'abord les principes de l'open source et quelques exemples, et dans la deuxième partie, nous explorerons ses mécanismes.

Malgré son essor, l'open source n’est pas bien compris. Bien plus qu’une méthodologie de développement de propriété intellectuelle, l'open source est devenu un mouvement qui appartient à des millions de personnes dans le monde, sans avoir aujourd’hui un leader ni même un comité de direction, mais qui suscite une passion et une adhérence sans égale. L'open source est ancré dans la collaboration et le partage libre d’idées et de ressources à un degré qui pourrait facilement intéresser Marx, mais en même temps, il a permis aux entrepreneurs de créer certaines des entreprises les plus innovantes du monde et a généré des valorisations boursières gigantesques.

Le principe de l'open source est la production entre pairs (“peer production”) de propriété intellectuelle où les résultats tels que le code source d’un logiciel, les plans architecturaux d’un bâtiment, ou les conceptions de machines et les artefacts connexes tels que la documentation, les didacticiels et les démonstrations sont librement disponibles pour quiconque qui veut les examiner et les utiliser. Les entrepreneurs open source utilisent des licences et plateformes qui permettent et encouragent les autres à rejoindre leurs projets et à participer à leur développement et à l’enrichissement de leurs idées.

Au début, l’open source a été un mouvement réactionnaire contre les logiciels propriétaires du type « boîte noire » qui étaient problématiques en raison de la mauvaise qualité, problèmes de sécurité ou des prix élevés. Il s'est depuis converti dans un formidable moteur d'innovation qui propulse aujourd'hui les projets les plus grands et les plus transformateurs du monde. Le système d'exploitation mobile Android, embarqué dans plus de deux milliards d'appareils, est un des exemples. Il y a d'importantes micro-initiatives beaucoup moins connues, telles que celle de Marcin Jakubowski, fondateur d'Open Source Ecology, qui a mis ses conceptions de matériel agronomique sur open source pour faciliter la production de tracteurs et moissonneuses dans les pays en voie de développement.

C'est sans aucun doute dans les logiciels que l'open source a fait son plus fort impact. L'innovation sur open source s'étend non seulement au développement technologique, mais également aux modèles de commercialisation et d’adoption. C'est au cours des 5 dernières années que nous avons vu monter en flèche les investissements réalisés dans les entreprises open source ainsi que leurs valorisations, avec Red Hat en tête de course après son rachat par IBM en 2018 pour $34mds.

L'open source est devenu un phénomène mondial. En Europe et en Asie, de nombreuses entreprises ont basé leur modèle de business sur open source et certaines sont devenues extrêmement performantes, comme Elastic NV (Pays-Bas), Canonical (Royaume-Uni), Dataiku (France) et Redis (Israël). L'open source gagne de plus en plus de terrain en Europe, et même si nous ne voyons pas encore l'ampleur massive du succès en Amérique du Nord, il y a des signes très clairs que les entreprises européennes apprennent rapidement et rattrapent leur retard.

Dans la deuxième partie, nous explorerons les curieux mécanismes qui font de l'open source un mouvement mûr et réussi.

Voir la partie 2 : les mécanismes.


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